
La rééducation dans le cadre d’une chirurgie orthognathique est une kinésithérapie spécifique.
Ce traitement trouve sa place lorsqu’une anomalie morphologique ne permet pas à l’orthodontiste de corriger l’alignement dentaire, avec son seul traitement orthodontique, et que la croissance ne pourra pas corriger ce déséquilibre.
Votre demande, vous patient, est bien souvent double : esthétique et fonctionnelle.
Et l’on sait qu’une fonction rétablie est essentielle dans la stabilité du résultat ortho-chirurgical.
Bilan initial
Il sera donc évalué les fonctions oro-faciales : la ventilation nasale, la fermeture des lèvres, les praxies de langue (avec l’examen de la position de repos, de la position lors de la déglutition et de la phonation).
Il sera recherché les parafonctions, essentiellement les habitudes de succion non nutritives, les troubles masticatoires.
Nous examinerons aussi votre posture, en position assise, debout et allongée.
Nous rechercherons des anomalies de l’articulation temporo-mandibulaire, comme des douleurs locales, des craquements, des dyskinésies. Nous mesurerons les amplitudes d’ouverture de bouche (OB), de diduction, et de propulsion.
L’examen des tensions musculaire sera complet, et portera sur l’ensembles des muscles faciaux, cervicaux et scapulaires.
Enfin, lors de cet examen initial, il sera possible de faire une évaluation de votre motivation, et de votre état psychologique avant l’étape chirurgicale.
Juste avant la chirurgie
Si l’on peut, c’est une bonne chose de vous voir dans les 3 semaines qui précèdent la chirurgie, puisque à ce moment vous êtes « prêt ».
Nous vous donnons alors les consignes pour la phase post-opératoire, ainsi que les contre-indications, et programmons les RDV de suite.
Il vous sera donc interdit de :
- mâcher des aliments durs, ou du chewing-gum
- de se moucher fortement
- de faire des mouvements excessifs et forcés d’OB, de diduction
- de fumer
Mais il vous est recommandé de :
- appliquer régulièrement du froid, pour limiter l’œdème
- se coucher et dormir sur le dos, et position redressée aux ¾ (2 oreillers sous la tête)
- de marcher, pour relancer l’activité de la pompe cardio-vasculaire
- de réaliser les exercices de mobilisation faciale
- de mobiliser la mandibule
- de surveiller votre poids, et de ne pas trop maigrir
Après la chirurgie
Le RDV au cabinet vous sera proposé très vite, idéalement au cours de la 1ère semaine après le geste chirurgical.
Généralement, vous ne vous plaindrez que d’inconfort. Pas vraiment de douleur.
Nous validons alors que l’articulé dentaire est conforme à celui qui a été obtenu par le chirurgien au cours de son intervention (c’est pour cela qu’il faut que vous nous apportiez vos radiographies).
Et nous réalisons un drainage lymphatique de la face, rassurant et agréable.
Nous vérifions que vous respectez les consignes initiales : port des élastiques, brossage des dents, exécution pluriquotidienne des exercices recommandés en préopératoire. Les exercices seront réalisés de manière active. C’est vous et vous seul qui faites le mouvement demandé. Vous ne devez JAMAIS FORCER.
La rééducation des fonctions pourra enfin se faire dans de bonnes conditions, puisque le contexte anatomique sera optimal.
Jusqu’à quand ?
Tout au long du 1er mois, pendant l’arrêt de travail, vous viendrez en consultation au cabinet de kinésithérapie maxillo-faciale, 2 fois par semaine.
Puis, si tout va bien, vous viendrez 1 fois par semaine.
Vous devez poursuivre votre rééducation de manière régulière jusqu’à ce que les fonctions soient récupérées.
Ce temps est toujours long, puisqu’il faut poursuivre la rééducation jusqu’à ce que les fonctions soient toutes automatisées : la ventilation, la langue seront toujours au cœur de cette rééducation.
Que faire si je pense que ce n’est pas normal ?
Soit, vous venez régulièrement en rééducation, et votre kinésithérapeute vous examinera, et prendra contact avec votre chirurgien, ou votre orthodontiste, selon ses conclusions.
Soit, vous n’avez pas de suivi kinésithérapique, et vous devez alors questionner un membre de l’équipe ortho-chirurgicale.
A faire en cas de fièvre, saignement, douleur très importante, sensation que les dents ne se touchent pas « comme avant ».
La douleur est bien évidemment propre à chacun, c’est une variation brutale qui doit vous amener à nous interroger.
